Note de lecture

Note de lecture. Janine Guespin-Michel,Complexité, dialectique et émancipation, Paris, Le , Le Croquant, 2019.

Chapo

Si nous sommes à la veille d’une bifurcation [1], ne serait-il pas temps de dépasser la linéarité politique du ’’cause à effet’’ pour entrer dans la complexité dialectique ? Retour sur le dernier livre de Janine Guespin-Michel.

En 2016, Janine Guespin-Michel publiait Emancipation et pensée du complexe : elle y mettait en évidence que la survie du système capitaliste résidait notamment dans son aptitude à entretenir une pensée dominante (qu’Edgar Morin appelait pensée simplifiante) s’appuyant sur le sens commun (à l’opposé du bon sens populaire souligné par Gramsci), nourri de simplisme binaire (c’est blanc ou noir, vrai ou faux, inné ou acquis, bien ou mal, etc.). Toujours aux éditions du Croquant, Janine approfondit sa démarche et publie maintenant Complexité, dialectique et émancipation en insérant dans son titre (ou plutôt en y faisant émerger, ce qui n’est pas neutre) le mot dialectique. Nous y reviendrons … mais voyons d’abord en quoi cette idéologie dominante est basée sur une pensée duale, ‘’cartésienne’’, réductionniste et linéaire.

Ce dualisme de la pensée, qui est encore communément partagé, est basé sur une pensée réductionniste qui consiste à croire qu’une analyse des parties d’un tout, si elle est exhaustive, serait alors suffisante pour permettre de comprendre les propriétés de ce tout. Ce mode de pensée est aussi celui d’un rationalisme classique qui, en voulant lutter contre les dangers de l’irrationalisme, simplifie à outrance la complexité du réel, voire la refuse, ce qui en retour alimente l’irrationnel : c’est un premier exemple de contre-réaction (ou de rétroaction) qui ne se manifeste pas qu’en cybernétique.

De plus, cette pensée duale est aussi une pensée réductionniste car croyant à l’immanence de causes premières qui seraient toujours à l’origine et responsables des effets observés, ce qui n’est qu’en partie vrai. Enfin, cette pensée, parce qu’elle est linéaire, croit aussi en la proportionnalité des causes sur les effets : beaucoup, y compris à gauche, pensent que la cause principale des votes populistes néo-fascistes est due essentiellement au chômage et/ou à la trop forte proportion d’immigrés (cf. le fameux seuil de tolérance !). D’autres rendent aussi responsables (et ceci est en partie vrai) des programmes télé simplistes et la propagation de fausses nouvelles sur les réseaux dits sociaux. Il suffirait alors de développer un militantisme suffisant en nombre pour diffuser massivement un bon programme, accompagné d’une fermeture substantielle des frontières, pour enrayer ces phénomènes. Las, de trop nombreux exemples (notamment dans les pays nordiques) montrent que les choses sont beaucoup plus complexes. C’est donc que si des arguments simplistes et nauséabonds prennent corps dans les votes, c’est qu’ils doivent bien entrer en résonnance avec la pensée commune d’électeurs. Ce sont là aussi des exemples de boucles de contre-réaction.

Il en est d’autres comme le Brexit : alors que les sondages prévoyaient que 52% des électeurs britanniques choisiraient de rester dans l’UE, ce fut l’inverse qui se produisit, entraînant la paralysie du système politique depuis juin 2016 ! Les britanniques vivent ainsi les conséquences d’un référendum basé sur une pensée duale (répondre par oui ou par non à une question complexe : faut-il sortir ou pas de l’UE, sans poser la question de quelle Europe faudrait-il choisir ?). Cette forme duale de la pensée contribue à développer selon Janine Guespin : soit un fatalisme déterministe induit par le TINA de Mme Thatcher (le capitalisme néolibéral serait la fin de l’histoire après l’implosion du communisme soviétique qui aurait signé la mort apparente du marxisme) ; soit le manichéisme (Sortir du nucléaire ou pas ?) et sa traduction politique sous forme de populismes (tous pourris, la caste des experts ou des élites contre le peuple, eux contre nous, etc.) ou d’intégrismes notamment religieux.

A l’inverse, s’il est intéressant d’avoir décomposé un tout (un système) en ses parties, il reste - et c’est le propre de la démarche holistique – à en étudier les interactions internes. Et c’est là qu’apparaissent alors les avantages de la pensée complexe comparée à une pensée analytique qui néglige les processus interactifs, lesquels sont à la base de l’évolution du tout (les fameuses contradictions internes ?). On voit bien qu’on se heurte alors à une opposition irréductible (entre réductionnisme et holisme) qui ne peut se résoudre qu’en dépassant cette contradiction par un saut qualitatif … dialectique, c.-à-d. en prenant en compte l’interaction de ce tout avec ce qui lui est extérieur : ainsi les généticiens, après avoir axé leurs travaux réductionnistes sur les gènes supposés seuls responsables de telle ou telle vertu, en sont venus à élargir leur champ d’investigation à l’épi-génétique, prenant en compte les interactions de chaque gène d’abord avec son environnement immédiat puis avec l’ensemble de la cellule puis avec l’environnement social du corps.

Ce dualisme de pensée est encore très prégnant dans les apprentissages fondamentaux, tel que celui de la lecture. En effet, on présente souvent la question comme un conflit entre deux méthodes aussi réductrices l’une que l’autre. D’une part une méthode analytique qui, à partir de l’émiettement des observations, prétend restituer le sens magiquement et d’autre part une méthode holistique, dite globale, qui prétend faire l’impasse de ces observations pour un bain de langue tout aussi magique ! Souvent on entend une autre petite chanson sur la méthode dite mixte, tout aussi inauthentique que les deux autres.

Si on veut que les enfants deviennent lecteurs, il est plus que nécessaire de les placer devant des situations vraies de la vie de tous les jours avec des questionnements à la fois sur la situation de communication, le contexte, les supports, la réception… bref des interactions multiples que l’enseignant doit faire émerger à partir de ce que les enfants appréhendent quand ils sont devant une affiche, une recette, une lettre des correspondants, une fiche de bricolage, un album ou un poème… On peut aisément au cours de ce travail repérer les hypothèses qui fusent, la complexité d’un tel système à résoudre pour les enfants, les boucles de rétroactions qui feront avancer d’autres hypothèses plus cohérentes. C’est un travail autrement plus passionnant — et plus efficace pour devenir lecteur — que l’apprentissage par cœur de listes de mots, de syllabes, ou de lettres hors-sol !

Apprendre, qu’il s’agisse de lecture ou de tout autre apprentissage, n’est pas répéter, mais se construire une pensée face à un réel dynamique et questionnant. La vision d’un savoir, ruisselant de l’enseignant à l’enseigné quel que soit son âge est tout à la fois réductrice, illusoire et mystificatrice. L’humain, même petit, est un être social, inscrit dans un système relationnel qu’il appréhende chaque jour et tente d’y résoudre les contradictions qui se posent à lui. L’hominisation est un processus qui fait partie de notre vie à tout âge.

Prétendre que les apprentissages « premiers » sont affaire de simple imitation et de mémoire à court terme, c’est nier la capacité critique de ces enfants qui analysent souvent finement, posent des questions inattendues, nous arrêtent sur des impasses que nous avions négligées. Les remarques hors champ ne sont pas toutes, loin s’en faut, des remarques hors sol et remettre en cause ses certitudes est salutaire pour l’enseignant comme pour l’enseigné. Il en est de même dans l’analyse critique de textes, dans la pratique de l’écriture à l’école comme hors d’elle qui ne se limite pas à l’étude de ses procédés, même si, « jouer avec les limites » ou s’aventurer dans la déconstruction d’un savoir préalable pour le faire sien, à côté, ailleurs, suppose un déjà-là bien construit. Prendre en compte le réel dans toute sa complexité, c’est le défi auquel nous sommes confrontés sous peine de falsifications, d’interprétations abusives et de croyances erronées [2].

On voit ainsi que le réductionnisme est incapable de rendre compte de l’émergence de propriétés radicalement nouvelles, différentes de la somme des propriétés de chacune des parties : Janine prend l’exemple de la mayonnaise qui prend (ou ne prend pas) dès qu’un seuil critique d’huile/œuf est atteint : cette transformation globale d’un mélange de liquides en un gel constitue l’émergence d’une bifurcation qui se manifeste dans beaucoup de domaines mathématiques, physiques ou chimiques (systèmes dynamiques non linéaires pour lesquels les effets ne sont pas proportionnels aux causes et ne sont donc pas additifs, chaos déterministe, formation des tourbillons, des ouragans et des embouteillages qui se développent à la façon d’un ressort se comprimant ou pas, etc.), instabilités des marchés financiers conduisant à la formation de bulles dont les algorithmes de mathématiques financières sont incapables de prédire leur éclatement. Ils ne doivent leur succès qu’à la rapidité de plus en plus grande des calculs effectués sur ordinateurs. Il en va de même de l’émergence de la vie en biologie, où les manifestations de l’esprit ne peuvent se réduire aux propriétés des constituants moléculaires constituant le corps humain. Sans parler des révolutions sociales !

On sait combien les matérialismes ont été l’objet de chasses aux sorcières émanant des milieux cléricaux. Mais ce que l’on sait moins c’est que la dialectique l’a été tout autant[3]. Mais qu’est-ce que la dialectique ? Janine cite Lucien Sève[4] pour qui ‘’La dialectique est cette pensée logique qui ne se satisfait pas de proscrire les contradictions, ce qui n’a jamais empêché que s’en manifestent d’effectives, mais s’emploie à traiter ces dernières aux fins de les résoudre’’. Pour les résoudre, il faut d’abord oser en ‘’passant outre à l’interdit de la logique formelle, penser l’unité des contraires’’, ‘’ […] en découvrant ou inventant l’unité plus profonde ou plus élevée au sein de laquelle les contraires qui s’y manifestent peuvent coexister coopérativement ou conflictuellement jusqu’à certains seuils’’. C’est ainsi qu’en physique de la matière condensée, la supraconductivité peut coexister avec des états antiferromagnétiques en dessous d’une certaine température, alors que supraconductivité et ferromagnétisme sont antinomiques, c.-à-d. s’excluent.

Janine s’attache à montrer que les sciences du complexe (dans tous les domaines y compris social) gagneraient en vigueur en se dépassant par ce qu’elle nomme la pensée dialectique du complexe. Cette pensée est d’autant plus urgente à s’approprier que la révolution industrielle du XIXème est en train de céder la place à un capitalisme financiarisé et mondialisé, issu d’une révolution d’abord scientifique et technique puis informationnelle s’appuyant sur les NTIC (Nouvelles Technologies de l’information et de la Communication), lesquelles jouent un rôle majeur tant au niveau de la production matérielle (robotisation de tâches manuelles) qu’au niveau de nos vies personnelles (ordinateurs, internet, smartphones, etc.). Or, si les grandes industries de la communication (les GAFA) commencent à s’intéresser sérieusement aux ordinateurs quantiques du futur, c’est qu’il pourrait bien y avoir quelque profit à les commercialiser.

C’est pourquoi, il est sans doute temps pour nos esprits ‘’cartésiens’’ de penser notre univers matériel (notamment) différemment de nos représentations binaires habituelles. Pour celles-ci en effet, un électron (un atome ou une molécule) ne peut être au même moment dans des états ‘’quantiques’’ distincts (0 ou 1). Or, les futurs ‘’bits’’ quantiques pourront être dans (auront la probabilité d’occuper) des états distincts, en prenant simultanément (c.à.d. en même temps) les valeurs 0 et 1. Cette propriété de la matière condensée à l’état microscopique, Schrödinger l’a transposée dans notre monde macroscopique avec son allégorie du chat qui est dans une boite fermée : un observateur extérieur à la boite ne peut savoir si le chat est mort ou vivant, car ne le voyant pas. Il peut alors se représenter le chat comme étant - ou pouvant être - simultanément dans des états dits ‘’superposés’’, mort (état 0) et vivant (état 1). Et ce n’est qu’en ouvrant la boite (acte qui joue là le rôle d’une mesure) que l’observateur verra si le chat est mort ou vivant. Mais cela a un prix, comme toute mesure qui perturbe le réel qu’on désire appréhender : cela se paye par la destruction temporelle de la ‘’cohérence’’ de phase de la fonction d’onde [5] qui décrivait ces états superposés (dit autrement, la phase doit rester constante dans le temps). Même un physicien reconnu et renommé comme R. Feynman avouait ne pas trop comprendre la mécanique quantique alors que ses propriétés prédictives marchaient (et marchent toujours) aussi bien ! Quant à Einstein qui était incroyant, il s’est toujours refusé à admettre qu’une description basée sur des possibilités, c.à.d. sur des probabilités d’occupation d’états (‘’Dieu ne joue pas aux dés’’), puisse régir notre monde et pensait qu’il y avait des variables cachées dont on ignore encore le rôle.

En tous cas, l’apparition des nouvelles forces productives développant ces NTIC n’a pas fait craquer les anciens rapports de production hérités du XIXème siècle, même s’ils se fissurent (la destruction créatrice d’usines et d’emplois de Schumpeter) et que de nouvelles formes de coopération comme l’Economie Sociale et Solidaire s’y développent (le nouveau préexiste à l’écroulement du vieux monde) : alors, comment évolue et se manifeste dans ce nouveau contexte, celui d’un capitalisme financiarisé, l’ancienne opposition entre l’individu et le commun dans la contradiction Capital/Travail ?

Jadis le capitalisme entrepreneurial justifiait son hégémonie libérale par une vision déiste sous la forme de la ‘’main invisible’’ d’un marché qui était censée réguler au mieux les rapports entre l’offre et la demande pour fixer le ‘’meilleur’’ prix d’une marchandise produite par une exploitation du travail, sur lequel était prélevé le ‘’plus de valeur’’ (le profit ou ‘’retour sur investissements’’). On a vu que ce mythe a conduit à la boucherie impérialiste de 14-18 et à l’émergence d’une révolution soviétique en Russie : son exemple ne devant pas s’étendre, il fallut réprimer férocement d’autres soviets européens (Turin, Berlin, Hongrie) et instaurer des régimes fascistes (Espagne, Italie, Allemagne). Et pour contrer l’emprise de l’Etatisme bienfaisant (le wellfare state), Hayek a alors développé dans l’entre-deux guerres, ses conceptions ultralibérales : l’Etat étant réduit à ses seules fonctions régaliennes, devait assurer la ‘’concurrence libre et non faussée’’ devant permettre aux entreprises de mener leurs guerres de conquêtes des marchés. Parallèlement, était prônée la toute puissance des désirs de puissance, de consommation et de jouissance d’individus libres, mais qui se voyaient concurrencés par d’autres (la guerre de tous contre tous de Hobbes, au détriment des valeurs humanistes et égalitaires prônées par le siècle des Lumières).

Après l’implosion du bloc soviétique, ces conceptions privilégiant la liberté des meneurs de jeu (premiers de cordée) ont finalement prévalu avec les régressions sociales de M. Thatcher et de Pinochet. Elles se poursuivent avec les nationaux populismes de Trump, Orban, Banon et Salvini. Les pratiques néocoloniales des USA remodèlent le Moyen-Orient en y détruisant des régimes laïques autoritaires (que les entreprises du BTP finiront bien par reconstruire), accaparent des terres de pays en voie de développement (appropriation masquée par l’accaparement qu’en fait la Chine) tandis que les transnationales occidentales se comportent en prédatrices des ressources naturelles. Cette libération exacerbée de la recherche du profit à court terme conduit à une surexploitation de sols appauvris par des intrants, à une pollution des rivières et des océans, à une malbouffe et aussi à l’extinction d’espèces due à un réchauffement climatique anthropique nié par les climato-sceptiques.

Ce monde capitaliste ira-t-il jusqu’à signer son arrêt de mort, son épuisement ultime (‘’après moi le déluge’’) une fois qu’il ne pourra plus spéculer sur des ressources naturelles (et humaines) épuisées dans des paradis fiscaux qui n’auront alors plus lieu d’être ? Et comment ce monde capitaliste occidental va-t-il s’adapter (ou s’écrouler ?) face aux nouvelles routes de la soie que le parti communiste chinois tisse après avoir tiré les leçons de l’échec soviétique ? C’est dans ce contexte que la pensée dialectique du complexe peut fournir une aide considérable à l’action politique émancipatrice et nourrir un renouvellement du rationalisme.

Il s’agit d’une forme de pensée globale, dynamique qui recherche notamment les interactions qui causent des transformations, l’émergence, la multiplicité des causes et des possibles, les rétroactions et qui prend en compte l’incertitude. Comment cette démarche pourrait-elle nous aider pour que s’institue une société d’associé-es ‘’où le libre développement de chacun est la condition [nécessaire] du libre développement de tous’’? Pour réaliser cet idéal, comment résoudre la tension individu/commun par le dépassement de la contradiction Capital/Travail, sachant que les formes mêmes du travail vont de plus en plus évoluer et que les rapports de forces au sein même des entreprises pourraient eux aussi évoluer selon François Morin [6] qui préconise aussi la resocialisation de la création monétaire de chaque pays européen, l’euro restant notre monnaie commune et non plus unique, en attendant qu’une monnaie internationale puisse voir le jour. Ou bien, faudrait-il instituer des Communs démocratiquement gérés qui dépassent les conceptions que nous subissons et que nous nous faisons du privé (au pouvoir décisionnel des actionnaires) et du public (à la gestion bureaucratique) selon Pierre Dardot et Christian Laval [7]? Ou bien encore, ne faudrait-il pas avec Bernard Friot [8] généraliser à tout le PIB les cotisations sociales, héritées du programme de la Résistance ? Celles-ci serviraient à financer et les salaires à vie et les nécessaires investissements, les producteurs associés privilégiant les valeurs d’usage des marchandises produites avec une durée du travail réduite par la robotisation des tâches afin de fournir du travail pour tous.

Telles sont quelques questions que nous nous posons et que nous souhaitons après cette lecture poser à notre tour. De même il serait utile de poser la question de la novlangue libérale utilisée par les ‘’experts bureaucrates’’ et abondamment réutilisée par les journalistes et les valets du Capital (cf. l’émission ‘’C dans l’air’’ sur la 5) pour mieux nous enfumer : rendre opaque ce qui devrait être transparent (les exilés et paradis fiscaux) en qualifiant ces sujets de ‘’compliqués’’, avatar du complexe. Mais sans doute est-ce à nous aussi d’être inventifs.

Dans son dernier chapitre intitulé Transmettre la pensée du complexe, l’auteure nous fait comprendre que nous sommes maintenus dans le bassin d’attraction de la pensée dominante propagée dès notre enfance, par les systèmes éducatifs de la famille et de l’école et combien il est nécessaire de se donner les moyens de parvenir à s’approprier cette manière de penser en abordant parallèlement la formation des maîtres et des enfants. C’est pour, ensemble, prendre conscience de nos propres cadres de pensée afin de – à travers l’apprentissage de la pensée du complexe - nous permettre de transformer nos cadres de références que nous avons débattu avec Janine Guespin, à l’invitation d’Espaces-Marx et avec le GFEN (Groupe Français d’Education Nouvelle) , à Toulouse le mardi 19 mars et décidé de continuer un travail en lien avec le site http://enseignercomplexité.free.fr

Martine Steinmetz et Luc Brossard
d’Espaces-Marx Toulouse Occitanie

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[1] Pour le titulaire de la chaire d’éconophysique à l’école polytechnique, Michael Benzaquen (Le Monde, rubrique science et médecine du 27 /02/2019), le marché financier réel n’est pas très loin du point critique.

[2] Eveline Charmeux, Lire, c’est comprendre – Donc apprendre à lire, c’est apprendre à comprendre ce qui est écrit (éd. universitaires européennes, 2018).

[3] Cf. ‘’L’infâme dialectique’’ par Isabelle Garo sur .

[4] Lucien Sève et alii., ‘’Emergence, complexité et dialectique’’, p.88 (éd. Odile Jacob, Paris, 2005)

[5] Cette fonction d’onde est un objet mathématique ‘’complexe’’ qu’on peut se représenter comme un vecteur caractérisé par sa longueur (dont le carré spécifie la probabilité d’occupation de l’état) et par sa ‘’phase’’, c.à.d, son orientation dans l’espace : projeté dans un plan, ce vecteur a ainsi une composante réelle (suivant l’axe des abscisses) et une autre dite ‘’imaginaire’’ (suivant l’axe des ordonnées), le rapport entre ces deux composantes mesurant la phase.

Les nombres dont le carré est négatif furent qualifiés en 1545 de ‘’sophistiqués’’ par Girolamo Cardano qui demandait à ses lecteurs de faire preuve … d’imagination pour les accepter. Plus tard, ils seront qualifiés d’imaginaires et sont maintenant communément utilisés !

Quant aux nombres complexes, il faudra attendre 1831 pour que Gauss les associe à tout vecteur d’un plan : on est ainsi passé d’une description linéaire des nombres (l’axe des réels en abscisse) à une représentation bidimensionnelle des nombres.

[6] François Morin, L’économie politique du XXIème siècle : de la valeur-Capital à la valeur-Travail (éd. Lux Humanités, 2017) ; Changer la vie (à paraitre)

[7] Pierre Dardot, Christian Laval Commun. Essai sur la révolution au XXIe siècle (éd. La Découverte, 2014)

[8] Bernard Friot, Émanciper le travail - Entretiens avec Patrick Zech (éd. La Dispute, Paris, 2014) et Réussir le communisme avec Fréderic Durand (https://reussirlecommunisme.public-imprim.com/2018)

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