Note de lecture

Les classes sociales en Europe. Tableau des inégalités sur le vieux continent. Note de lecture

Chapo

Cédric Hugrée, Étienne Penissat, Alexis Spire, Les classes sociales en Europe. Tableau des inégalités sur le vieux continent, Agone, Marseille, 2017.

A travers cette note de lecture, Espaces Marx propose une réflexion sur la situation européenne

  A l’approche du scrutin européen, Les classes sociales en Europe. Tableau des inégalités sur le vieux continent, de C.Hugrée, E. Penissat, A. Spire, est une lecture très indiquée pour la période. En effet, la question européenne semble être un facteur de division des appareils politiques de gauche mais également entre classes sociales. La littérature scientifique des dernières années a pour le moment avancé un discours stigmatisant consistant à faire croire que les classes populaires auraient rejoint le camp réactionnaire, acquises à des valeurs non progressistes. Ce livre propose de faire un pas en arrière et d’essayer de se saisir des conditions de vie des classes sociales en Europe.  Une chose est sûre pour les auteurs : puisque les « rapports de classes se construisent au niveau de l’Europe», à moyen et long terme, la gauche ne pourra se passer de la nécessité de la renaissance d’une « gauche politique et syndicale capable de se déployer à la même échelle que celle des firmes capitalistes, c’est à dire au niveau européen ».

            Dans cet article, nous reprendrons le propos des auteurs à travers trois questions : comment s’organise la division du travail à l’échelle de l’Europe ? Comment définir des classes européennes et quels sont leurs rapports ? Comment les mobilités et migrations au sein de l’Europe agissent sur « les rapports de domination entre pays et entre groupes sociaux » ? 

Comment s’organise la division du travail à l’échelle européenne ?

Les auteurs partent d’un postulat simple : «la plupart des transformations socioéconomiques contemporaines sont supranationales », qu’elles concernent l’Etat, avec le tournant néomanagérial, ou le modèle productif et ses restructurations industrielles. Les auteurs s’attachent également à réfuter deux idées : celle de la disparition de la classe ouvrière et celle de l’existence d’une moyennisation des travailleurs européens.

Ils décrivent en lieu et place de ces deux idées une nouvelle division du travail de production en Europe qui ne recouvre pas les cadres nationaux. Cette nouvelle organisation de la division du travail va dans le sens d’un transfert de la production de l’Europe du Nord et de l’Ouest vers l’Europe du Sud et de l’Est voire ensuite vers le Maghreb et l’Asie. Le livre présente alors trois pôles productifs recoupant des sous-ensembles régionaux qui se voient assigner différentes tâches dans le processus productif et donc des caractéristiques économiques différentes.

L’Europe du Nord et de l’Ouest est la grande gagnante de cette nouvelle division du travail. Si elle a connu une réduction de l’activité industrielle, elle profite en revanche d’une expansion du secteur tertiaire notamment le très qualifié (domaines de la finance, information, secteurs scientifiques et techniques) et le tertiaire non-marchand (secteur public et parapublic). La tertiarisation de son économie a fait augmenter le poids des classes moyennes et supérieurs mais a également crée des emplois peu qualifiés, notamment des emplois de services occupés par les femmes (caissières, vendeuses…) ou en lien avec un besoin nouveau crée par le vieillissement de la population (aide à domicile, gardes d’enfants, aide-soignante, etc). Le « secteur agricole (t) est devenu résiduel ».

L’Europe Centrale et Orientale est devenue le creuset industriel de l’Europe puisqu’entre 20 et 30% de ses actifs y travaillent contre 18% pour la moyenne européenne. La région a bénéficié des vagues successives de délocalisation industrielle, notamment celles du secteur automobile. On y observe un très fort secteur secondaire.

L’Europe du Sud a été touchée par la vague de délocalisation industrielle, notamment dans des domaines comme le textile. La région se trouve dans une situation singulière d’entre deux, entre les deux précédentes : le poids du tertiaire atteint le niveau de l’Europe du Nord et de l’Ouest mais est lui peu qualifié. Le poids du secteur agricole est également élevé.

Les auteurs estiment que cette réorganisation à l’échelle européenne fait des pays du Sud et des ex-pays de l’Est à la fois « l’atelier, le potager et le grenier des pays du Nord et de l’Ouest de l’Europe ». Cette réorganisation s’accompagne de la remise en cause du phénomène de convergence des indicateurs sociaux (taux de chômage, protection sociale,..) entamé à la fin du vingtième siècle. En effet, les élargissements successifs, les différentes réponses apportées à la crise de 2008 et les dynamiques démographiques et migratoires différentes des Etats ont remis en cause le processus de convergence.

Dans les sous-ensembles régionaux, les dynamiques de ségrégation des classes supérieures (au sein de « gated communities » ou de quartiers gentrifiés) ou de rapprochement des classes moyennes et populaires existent mais ne permettent pas selon les auteurs de pouvoir poser la grille d’analyse simpliste outsiders/insiders (ici, opposer les « vainqueurs de la mondialisation » habitant dans les grandes villes et les « victimes » dans les autres territoires). L’implantation des classes populaires est différente selon les configurations nationales, les taux d’urbanisation diffèrent mais surtout désormais « l’expérience des rapports de classe s’opère sur l’ensemble du territoire européen et non uniquement dans le cadre national ».

Dynamiques et expériences de classes en Europe

Dans les chapitres 2 à 4, les auteurs s’attachent à déterminer les concours des classes sociales européennes, adoptant une vision bourdieusienne d’une classe non seulement déterminée par la position dans les rapports de production mais également par son expérience du monde du travail et son accès aux ressources économiques, politiques et culturelles. Tout en soulignant la limite d’une analyse limitée par l’absence d’inclusion des chômeurs, ou de critères adaptés pour soulever l’impact de la nationalité (extra-européenne), Hugrée, Penissat et Spire proposent l’élaboration d’une typologie autour de trois grandes catégories : classes populaires, classes moyennes, classes supérieures.

Qui sont les classes populaires d’Europe ?

Les classes populaires européennes sont caractérisées par une position de « « subordination dans la division du travail et dans les rapports politiques et sociaux » et par une « dépossession d’une série de ressources culturelles » » et représentent 43% des européens. Les classes populaires sont également les classes ayant un vécu du travail le plus difficile (plus forte pénibilité, plus forte exposition aux risques sanitaires dans le cadre du travail). Plus masculines (à 60%), plus métissées, les classes populaires sont également plus exposées que toutes les autres classes à la précarité, à la concurrence internationale, au chômage et au temps partiels. Les classes populaires sont principalement composées au niveau européen d’ouvriers et salariés peu qualifiés (40%) ; d’ouvriers qualifiés (38%) principalement de l’industrie, de petits indépendants (15%) qui sont artisans ou agriculteurs, et enfin un segment majoritairement féminin d’employés qualifiés (7%) dans le domaine de la domesticité (aides-soignantes, gardes d’enfants et aides à domicile,…). Des chiffres qui appuient la non-disparition de la classe ouvrière avancée par les auteurs, confortés dans leur idée d’un redéploiement de la structure de classe de la société à l’échelle européenne.

A l’intérieur des classes populaires deux dualités apparaissent et ce à l’échelle du continent. La première c’est celle d’une dualité de statut entre les salariés et les indépendants. La seconde réside dans l’accès aux ressources : « Revenu, consommation, accès au numérique, santé : ces différents domaines de la vie sociale laissent entrevoir des classes populaires scindées en deux groupes distincts ». Le premier groupe est une « Fraction dominée des classes populaires : petits travailleurs indépendants (majoritairement dans agriculture), et ouvriers et employés peu qualifiés et prolétarisés. ».  Le deuxième : « des ouvriers qualifiés de la métallurgie ou dans l’électronique, les chauffeurs, les conducteurs de machines ou les aides-soignantes et gardes d’enfants ont d’avantage accès à des biens courants comme la voiture, les vacances et l’ordinateur. ». Ces deux dualités se rejoignent et existent en dehors du cadre national.

Enfin, vient s’ajouter une hiérarchie géographique intra-classe : dans l’accès aux ressources persistent des inégalités entre classes populaires en fonction de leur appartenance aux grands pôles productifs, respectivement mieux lotis selon que les individus habitent en Europe du Nord et de l’Ouest, puis du Sud, enfin de l’Est. Pour les auteurs c’est cette séparation qui peut expliquer trois positionnements politiques des concerné.e.s entre « renoncement à l’auto-émancipation des travailleurs », « alliance avec le petit patronat protectionniste » et « idée de l’alliance possible avec les classes moyennes ». On pourrait ici, dans le cas français, par analogie, y retrouver des comportements électoraux observés en 2018: respectivement l’abstention, le vote FN, et l’ancienne idée du bloc de gauche réadaptée par un mouvement populiste (la France Insoumise). On peut regretter sans doute que les auteurs n’approfondissent pas quelles sont les possibilités stratégiques de constitution d’alliance de classes pour refonder la gauche syndicale et politique européenne qu’ils appellent de leurs vœux à la fin du livre. 

Les classes moyennes sont-elles vraiment moyennes ?

            Hugrée, Penissat et Spire réfutent l’existence réelle de classes moyennes qui restent pour eux un « groupe social construit par les acteurs du champ politique comme un moyen de s’adresser à l’ensemble de la société ».  Néanmoins, ces derniers cèdent au besoin de situer ces couches intermédiaires en lesquelles ils voient moins des classes au milieu de la structure sociale « ni pauvres ni riches, ni très diplômés ni exclu de la course au diplômes » mais plutôt une classe qui se caractérise par son « rôle d’interface entre classes populaires et classes supérieures ». Représentant près de 38% des actifs européens, les classes moyennes sont en contact avec le public dans le cadre de « relations administratives marchandes, de soin, ou d’enseignement ». Les classes moyennes sont parcourues par deux dualités qui se recoupent : « Les classes moyennes européennes sont traversées par des divisions internes liées à la structure sexuée des professions, aux statuts de l’emploi, et plus encore à l’intégration ou non dans les métiers dans le giron de l’Etat ». Les classes moyennes du public (3 à 4 actifs sur 10 des classes moyennes) sont plus féminisées à l’exception des métiers de l’ordre (police et armée) et travaillent souvent sur des missions d’intérêt général, dans des secteurs mieux protégés de la concurrence internationale par rapport à leurs confrères du privé. D’autre part les classes moyennes connaissent une fracture sur la question du diplôme et de la qualification qui amène la fraction dominante des classes moyennes à se rapprocher en certains points des classes supérieures (notamment sur l’autonomie dans leur travail) et la fraction dominée des classes moyennes à se rapprocher des classes populaires dans leur situation de subordination au travail. Les classes moyennes valorisent le capital économique et culturel pour se distinguer des classes populaires, avec une préférence pour le premier dans le privé et pour le second dans le public.

Il existe un paradoxe en leur sein, elles s’estiment « les grandes victimes de la crise » en étant pourtant relativement épargnées au Nord, touchées au Sud où les politiques européennes d’austérité ont désossé une partie de la fonction publique, et à peine naissante à l’Est. Peut-être peut-on voir dans le renouveau de la gauche au sein du Sud de l’Europe une expression politique de ses classes moyennes qui plus qu’ailleurs ont payé le prix des privatisations et de la crise ? C’est sans doute vrai pour Syriza. C’est sans doute aussi le cas pour Podemos, dont le dépassement voulu du « clivage droite/gauche », au moins dans le discours, n’est pas forcément ce qui a permis de séduire son électorat dont le cœur reste l’ancienne alliance sociale des classes moyennes et de la fraction supérieure des classes populaires. Le rôle d’interface entre classes populaires et supérieures par la position dans le monde du travail de ces couches intermédiaires peut-il à terme jouer dans la médiation politique ? L’illusion de la moyennisation des européens estompée, peut-être faut-il mener une réflexion plus poussée sur le rôle que ces couches plus promptes à se mobiliser (car mieux protégées par leur statut ou composant pour le public certains des derniers bastions syndicaux) peuvent jouer dans la recomposition politique. D’autant que la crise étant passée, ces « classes moyennes » entretiennent « une défiance de plus en plus prononcée à l’égard de l’Union Européenne ».  Le livre nous permet de ne pas tomber dans l’écueil actuel : la défiance envers les institutions européennes et leurs politiques néolibérales ne devrait pas se scinder entre les partisans d’un Etat-nation de droite ou de gauche et de l’autre côté le doux rêve d’une Europe sociale émergeant de l’actuelle union. L’ouvrage démontre avec talent que répondre aux problématiques de classe c’est construire une réponse européenne à la domination totale des élites du Nord et de l’Ouest. On peut regretter alors que les pistes que les auteurs avancent en termes d’alliances possibles de classe dans le continent soient peu prolifiques.

Des classes supérieures sans égales

Refusant une définition qui s’attacherait à définir les classes supérieures autour des 1% en haut de la structure sociale, les auteurs voient dans ces dernières ceux qui possèdent « un pouvoir dans le domaine économique (chefs d’entreprise ou cadres dirigeants), dans l’appareil d’Etat (haut fonctionnaires) et celles et ceux qui peuvent se prévaloir d’une forte expertise pour imposer leurs prescriptions (les professions libérales ou intellectuelles). », soit 19% des Européens. Dans cette classe, Hugrée, Penissat et Spire mettent en valeur trois fractions : 20% des classes  supérieures assurent une fonction de direction des entreprises et dans les administrations ; 75% se distinguent par leur les titres scolaires et leur compétence pointue dans un domaine (ex :professions intellectuelles et scientifiques (25%), cadre administratifs, financiers et commerciaux (20%), des médecins et autres spécialistes de la santé (15%), avocats, magistrats, journalistes et professions artistiques (15%) ; enfin les 5% restants sont « le bas du haut » constitués par les chefs d’entreprise /entrepreneurs moins dotés en capital économique et culturel que les autres.

Ces classes supérieures utilisent trois mécanismes de distinction pour assurer leur domination : une suprématie scolaire, une ouverture et consommation culturelle, enfin une capacité à se saisir de ressources cosmopolites : multilinguisme, tolérance et ouverture à des espaces non nationaux par le travail (études, stages, travail) comme le loisir (vacances et voyages). A leur domination économique et sociale, les classes supérieures ajoutent une domination politique dans les instances nationales comme européennes. Plus homogènes que toutes les autres classes, elles trouvent « un écho particulier dans la construction européenne », notamment pour les élites les plus apatrides que constituent les « courtiers du capitalisme » (lobbys et experts) et les « corps de serviteurs hors l’Etat voire, pour une partie d’entre eux, contre l’Etat » (haute fonction publique européenne). Ce dernier point semble en effet bien symptomatique de nos élites qui passent de Paris à Bruxelles comme l’on change de quai de métro, à la manière d’un Delors ou d’un Moscovici.

Les migrations et les mobilités transnationales au service de la domination de classe

Dans le chapitre 5, les auteurs se livrent à une double entreprise : présenter comment « les rapports entre classe se recomposent par le biais de contacts, d’échanges, de rapports  forces et  économiques et culturels dans le monde du travail et le reste de la vie sociale à l’échelle de l’Europe » en proposant à la fois des outils de comparaisons et une analyse des mécanismes de domination de classe à l’échelle européenne. Comme outils, les auteurs créent 6 groupes sociaux à partir  « des classes ou des fractions de classe de plusieurs pays européens. ». Ces groupes sociaux permettent habilement la mise en valeur de la thèse qu’ils défendent depuis le départ : les classes sociales se rapprochent et se distinguent au niveau européen. L’Annexe 3 du livre détaille la spécificité de chacun des groupes et leur composition. Dans cette dernière partie, notre intérêt s’est porté avant tout sur le renforcement des logiques de domination de classe par des phénomènes transnationaux, notamment la question des mobilités et migrations.

A travers de nombreux exemples, Hugrée, Penissat et Spire démontrent comment dans l’échange ou le déplacement transnational se renforcent ou se déconstruisent les appartenances de classe. Pour donner un exemple, la migration de certains membres des classes moyennes de l’Europe Centrale et Orientale pour occuper un emploi peu qualifié dans la domesticité (associé aux classes populaires) en Europe du Sud va constituer une opportunité de mobilité sociale ascendante (possibilité de parfaire leur formation ou de retirer un gain de revenu) ; au même moment les classes moyennes du Sud bénéficient de la venue de ces travailleurs en accédant à un service à la personne jusque-là réservé aux classes supérieures. De nombreuses migrations se font au bénéfice d’un renforcement des dominations de classe, c’est le cas du dumping social organisé qui constitue une véritable tension au sein des classes populaires (entre saisonniers et nationaux ; travailleurs détachés, etc). C'est également le cas des prises de postes pour certaines élites (cadres dirigeants) à la tête de filiales installées à l’Est qui vont consolider la domination des élites du Nord Ouest sur celles de l’Est mais également constituer une mobilité sociale intéressante pour ces cadres qui se découvrent chefs d’entreprises au détour de cette mobilité professionnelle. Les déplacements Est –Nord/Ouest sont au contraire plutôt l’occasion d’un déclassement pour les classes supérieures, enfermées dans leur position de « dominants dominés ». Il manque sans doute encore, ici, l’avis des auteurs sur quelles alliances de classe à l’échelle européennes semblent pouvoir défier la suprématie des élites du Nord et de l’Ouest. Si la mise en concurrence généralisée faire souffrir l’unité potentielle entre classes moyennes et populaires au sein des pays ou entre pays à travers le dumping social, les mobilités et les migrations, alors quelles relations créer pour y mettre fin ?

Conclusion

Cet ouvrage constitue une lecture intéressante pour se doter d’une vision de classe à l’échelle du continent même si l’on peut regretter que, du fait du parti pris bourdieusien, les auteurs insistent plus sur la question de l’accès aux ressources économiques et culturelles que sur celle de la place dans les rapports de production et le statut du travail. Le livre reste une démonstration efficace de l’impossibilité de l’abandon de la question supranationale pour une gauche qui se méfie de l’Union Européenne libérale mais dont le repli dans le cadre national ne pourrait pas répondre aux défis de la recomposition des logiques de classe à l’échelle du continent. A l’approche du scrutin européen, il serait sage que la gauche ou ses héritiers s’attachent à ne pas accepter le « renoncement à l’auto-émancipation des travailleurs ». L’« alliance avec le petit patronat protectionniste » d’une partie des classes populaires est malheureusement une réalité européenne avec les Le Pen ou les Orbán.

L’objet du livre n’est pas de se positionner sur la question stratégique mais il débouche sur plusieurs questions ouvertes. Qu’en est-il de l’idée de l’alliance possible avec les classes moyennes ? C’est l’option qui nous semble la plus cohérente pour les populistes de gauche si l’on regarde la composition de leurs électorats. Mais l’écueil européen reste un obstacle majeur. Malheureusement, la seule proposition transnationale réside aujourd’hui dans la proposition de Yanis Varoufakis, rejoint par Hamon et des alliés disparates dans le reste de l’Europe. Une proposition qui pêche dans sa volonté de travailler « dans le cadre des traités européens », soit dans le cadre que les classes supérieures ont forgé à leur avantage et que les socialistes et conservateurs européens ont sagement approuvé et construit au détriment des classes populaires et des couches intermédiaires. Alors que le renouveau de la gauche se fonde pour certains sur la fondation d’un populisme de gauche qui valorise « le cadre national comme un espace de protection et de souveraineté populaire », une alliance de classe européenne peut-elle rassembler anciens et nouveaux-venus de la gauche, populisme compris ?

 

Paul Elek, Espaces Marx

Les classes sociales en Europe